Hand of God s01e01

(Amazon) 1 pilote parmi les 5 de la troisième vague !
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Voilà une série qui a toutes les caractéristiques d’un listing qui sortirait de la fameuse moulinette à statistiques de Netflix, si tant est que la dite machine existe. Hand of God regroupe tous les ingrédients clés, jugez plutôt : un jeune showrunner qui a fait ses armes aussi bien à la production qu’au scénario pour une série de second plan ayant connu sept saisons, un réalisateur de blockbuster aux manettes, un acteur principal récemment libéré d’un show câblé avec la stature pour faire l’antihéros, une actrice principale parfaitement reconnaissable pour avoir participé à une grosse machine de network, un second rôle de retour après avoir été au casting d’une série culte, un autre second rôle longtemps cantonné à la comédie qui se transforme drastiquement pour apparaître sous des traits obscurs…
Peu importe finalement que ce pilote soit un objet un peu confus qui ne donne aucune garantie sur l’éventuelle série qui en découlerait. L’attelage est clinquant et on pourrait croire à ce stade qu’Amazon n’en demandait pas tant !

Pour rappel, je commente cette semaine les cinq nouveaux pilotes (troisième vague) soumis au public par Amazon. Le géant de la vente par internet décidera ensuite et ce en fonction des choix du public quels sont les projets suceptibles d’obtenir la commande d’une saison complète. Je vous parlais de la comédie The Cosmopolitans hier et place aujourd’hui au drama Hand of God, un pilote d’une durée d’un petit peu plus d’une heure.

Au sein de la ville fictionelle de San Vicente, le juge Pernell est en perdition. Son fils est retrouvé avec une balle dans la tête dans ce qui ressemble à un suicide. le traumatisme est si violent pour le juge qu’il disparaît pendant trois jours avant de refaire surface emplit de nouvelles croyances…

On doit ce projet à Ben Watkins, véritable couteau suisse (réalisateur, acteur, scénariste, producteur) qui avait exercé ces talents au sein de Burn Notice (111 épisodes en 7 saisons sur USA network).
Il nous livre ici un sujet traversé par la religion mais sans en faire son véritable cheval de bataille. L’idée est de démontrer combien la croyance en certains idéaux peut être transcendée au grès d’un bouleversement psychologique.
Le tableau est en tout cas très sombre. Corruption, justice arbitraire et manigances diverses rythment ce pilote qui se livre dans une étrange torpeur.

Car paradoxalement, la noirceur du récit est noyée dans une atmosphère ensoleillé de type californienne. C’est Marc Forster (World War Z, Quantum of Solace) qui s’est chargé de la réalisation et le résultat fait la part belle aux ambiances mordorées des couchers de soleils de l’ouest américain autour des habituelles séquences nocturnes.
Le cinéaste suisse-allemand délivre une ambiance très réussie mais échoue sur la vivacité tant l’ensemble ne parvient pas à insuffler un semblant de tempo.

Il a pourtant devant sa caméra un casting de grande classe. Ron Perlman trouve ici un rôle à sa mesure et sans doute plus complet qu’en patriarche d’un gang de motard dans Sons of Anarchy. Sa femme est interprétée par Dana Delany (Desperate Housewives, Body of Proof) fait froid dans le dos et démontre un talent qu’on ne lui connaissait pas forcément pour intimider le chaland. Il faut également signaler deux second rôles déjà très performants que sont Andre Royo (The Wire) dans le rôle d’un maire peu recommandable et Garret Dillahunt particulièrement bon (Raising Hope) en born-again assez flippant !

Au delà des qualités intrasèques de la série, Hand of God est une prise de choix pour Amazon. Dans une interview, Watkins expliquait qu’il s’était lancé dans le pitch de son projet auprès des diffuseurs après s’être assuré le soutien de Perlman et Forster. Il était donc en position de force et c’est Amazon qui a été choisie. Cela démontre bien le nouveau statut du jeune studio désormais jugé crédible et séduisant.
Maintenant, dans un registre comparable, j’avais trouvé le pilote de Bosch bien plus efficace. Hand of God est une accumulation de personnages tous plus sombres les uns que les autres et cette entrée en matière parvient difficilement à séduire.

Visuels : Hand of God / Amazon
www.amazonoriginals.com

The Cosmopolitans s01e01 “chapter 1: the broken-hearted”

(Amazon) 1 pilote parmi les 5 de la troisième vague !
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C’est non sans un certain plaisir que je vous retrouve aujourd’hui. Je n’avais pas spécialement prévu de faire une pause estivale dans l’écriture de cette colonne mais elle s’est imposée naturellement et je vous reviens avec des valises pleines d’avis intenses sur un été sériel qui aura été particulièrement dense cette année ; teasing, quand tu nous tiens.
J’espère que vous êtes prêts pour une rentrée qui sera, comme chaque année, riche en nouveautés et je commencerai sans plus attendre, en vous proposant une semaine spéciale Amazon !

Vous le pressentez sûrement, il va beaucoup être question de Netflix en ce mois de septembre. Le lancement en France est imminent et nous devrions en savoir plus bientôt. Mais pendant ce temps là, Amazon poursuit son offensive et multiplie les projets de créations originales. Vous vous souvenez sûrement que j’avais longuement commenté les précédentes vagues de pilotes. En avril 2013, c’est une première salve de huit comédies qui avaient été soumises au public. Deux séries avaient été commandées, Betas (annulée depuis) et Alpha House (dont la saison 2 est en cours de tournage).
En février de cette année, Amazon récidivait avec cette fois-ci 2 dramas accompagnés de 3 comédies. Le saut qualitatif était impressionnant et le vendeur de livres par internet se voyait obligé d’en confirmer quatre sur cinq. Transparent, sans conteste la plus impressionnante, sera disponible ce 26 septembre ; dix épisodes disponibles simultanément et qu’il sera bien difficile de ne pas binge-watcher.

Seulement voilà, une troisième vague était mise en ligne  jeudi dernier. Le niveau reste plus que satisfaisant et déjà, le sériephile désorienté se demande où Amazon pourra bien s’arrêter.
Car comme pour les deux précédentes brochettes, c’est le public qui doit décider du destin des pilotes via un vote électronique (une mesure de popularité sur les réseaux est également prise en compte) et, ne cherchez pas, c’est bien là le vecteur novateur qui ringardise les diffuseurs télé traditionnels.
Comme pour la deuxième vague, deux dramas et trois comédies sont en ligne. L’amateur français aura encore un peu plus de mal pour les découvrir car il lui faut contourner la détection géographique (plus efficace semble-t-il) qui ne permet théoriquement qu’au résidents américains et anglais de voir ces nouveaux pilotes. Mais, au fil de la semaine, vous verrez que je n’en délaisse aucun, bien au contraire !

We’re Parisians !
On commence donc par The Cosmopolitans ! C’était sûrement le pilote le plus attendu parmi les cinq. Tournée à Paris avec un casting prometteur et signé par un metteur en scène aussi apprécié que rare de la scène du cinéma indépendant américain, la série est un objet déconcertant qui ne laisse pas indifférent.
On y fait connaissance avec un trio d’expatriés américains augmenté d’un italien tous installés à Paris. Il est nullement question de les malmener dans des aventures un peu folles. L’ambition ici se trouve dans de simples interactions relationnelles et plus particulièrement celles qui ont trait à ce vieux sentiment qu’est l’amour…

 

Vous l’avez aperçu dans le making-of ci-dessus, The Cosmopolitans est écrit et réalisé par Whit Stillman. Son dernier long métrage, Damsels in Distress, date de 2011 et il venait après une traversée du désert de plus de douze ans du réalisateur. Stillman habitait alors Paris, dans la peau d’un expatrié qu’il évoque aujourd’hui dans ce pilote.
Sa filmographie n’est pas en mesure de prétendre à une popularité débordante. Stillman s’intéresse essentiellement à des personnages issus d’une bourgeoisie dont ne sait pas immédiatement s’ils en cumulent tous les défauts ou s’ils cachent bien une intelligence vivace et cultivée.
The Cosmopolitans ne fait pas exception. les quatre étrangers ne semblent pas rouler sur l’or mais leurs parcours lors de cette introduction consiste essentiellement en une soirée bon chic bon genre. Au préalable, Stillman s’alanguit sur quelques signes bien distinctifs de notre capitale. On imagine que ces cartes postales (le couple qui s’étreint devant la Seine, le verre de vin ou bien encore la station de métro déserte) séduisent le téléspectateur étranger mais ce sera bien plus compliqué pour nous.

En fait, ce pilote est bien trop court, malgré un rythme enlevé, pour permettre à Stillman d’exercer ces talents. La mise en place ne lui permet pas de vraiment laisser libre court aux dialogues de groupe où il excelle. De la même manière, il aborde à peine son habituelle étude du prisme social.

 Hormis l’ambiance parisienne, la forme est sobre mais l’on retrouve le regard direct de l’auteur. Il serait sans doute intéressant d’en voir un peu plus pour laisser le jeu des acteurs prendre toute leur plénitude mais rien ne laisse présager que le public suivra. Le casting, justement, est séducteur. Stillman fait confiance à des actrices et acteurs qu’il a déjà mis en scène par le passé. Chloë Sevigny (The Last Days of Disco), fantastique dans des séries comme Big Love ou Hit & Miss est une prise de choix. Carrie MacLemore et Adam Brody (qui étaient déjà tout deux dans Damsels in Distress) sont dans le ton à défaut de pouvoir réellement faire leurs preuves. Enfin, j’aime beaucoup l’acteur italien Adriano Giannini qui amène un flegme latin bienvenu dans cet univers assez coincé.

The Cosmopolitans est actuellement classée quatrième (sur les 5). Les responsables d’Amazon Studios ont longuement œuvré pour amener Stillman dans leur escarcelle. Ils souhaitaient notamment miser sur un remake/sequel de son premier film (Metropolitan). Le pari semble pourtant très risqué et rien ne dit que la série obtiendra le soutient nécessaire. Comme vous pourrez le constater dans les jours qui viennent, The Cosmopolitans ne sera pas mon premier choix. Il n’en reste pas moins que c’est une comédie dans un style inédit pour le format sériel et une nouvelle preuve que le genre est à même d’attirer tous les cadors de la scène indie !

Visuels : The Cosmopolitans / Amazon
www.amazonoriginals.com

Fargo passe la deuxième !

(FX) saison 2 en 10 épisodes prévues pour la rentrée 2015 -
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Après vous avoir proposé des récapitulatifs pour chaque épisode de la première saison de Fargo – voir liste de liens en fin d’article –, il m’est apparu nécessaire d’écrire quelques lignes sur le destin de cette série qui s’est précisé ce lundi (21 juillet) !
Elle reviendra bien sur le petit écran fin 2015 et nous en savons désormais un peu plus sur ce qu’elle contiendra.

“We’d rather fail spectacularly & nobly than succeed in a quiet, middling way” John Landgraf

L’arrivée de Netflix – le grand méchant loup, si l’on en croit la presse française actuellement – est loin de paralyser la concurrence. Elle aurait même plutôt tendance à la stimuler. Chez FX, le mot d’ordre est clair : il faut prendre des risques, quitte à tutoyer l’échec. C’est le président de la chaîne, John Landgraf, qui l’affirmait devant un parterre de la TCA en début de semaine.

En l’occurence, Landgraff ne se mouille pas trop en annonçant une saison 2 pour Fargo, et ce d’autant plus après la razzia de nominations empochée par la série aux Emmys (au nombre de 18, un record pour FX). Mais il devait être tentant de jouer la sécurité en s’appuyant sur des personnages qui ont fait leurs preuves (la révélation Allison Tolman dans le rôle de Molly notamment). Hors, comme annoncé, Fargo confirme son statut d’anthologie en consacrant sa saison suivante à une autre histoire, avec des personnages différents et un casting renouvelée – dernier détail qui la distingue d’American Horror Story, l’autre anthologie chez FX –.

Le prequel du sequel !
Toutes les allusions de Lou (Keith Carradine) au sujet des incidents de Sioux Falls n’étaient donc pas vaines ! Après l’intervention de Landgraf, Noah Hawley (Showrunner) et Warren Littlefield (Producteur exécutif) – respectivement à gauche et à droite sur la photo ci-dessus – ont pris place devant les journalistes afin de donner quelques détails la suite. Oui, enfin, il faudrait plutôt parler du début puisque la saison 2 se déroulera en 1979 autour d’un triangle constitué par les villes de Sioux Falls (Dakota du Sud), Fargo (Dakota du nord) et Luverne (Minnesota).

C’est Jean-Maxime Renault (Des News en Série / Allociné) qui me faisait remarquer que ce recul temporel adjoint logiquement à cette seconde saison le qualificatif de préquelle. Par conséquent Fargo ne devient pas à proprement parler une anthologie !
On constate également que la filiation dans le temps est un procédé qui semble plaire aux créateurs de Fargo puisque la série se positionnait déjà après les événements du film grâce au subterfuge de la valise (voir épisode 4).

“He thought he left the war behind, but he came back and here it is, it’s domestic.” Noah Hawley

Que s’est-il passé à Sioux Falls ?!
En 79, Lou Solverson a 33 ans et fait son retour après avoir combattu au Vietnam. Il est State Cop et partage sa vie avec Betsy, sa femme, et Molly, leur jeune fille qui n’a alors que 4 ans.
La famille est décidément très impliquée dans les forces de l’ordre puisque le père de Betsy est Shérif du Rock County (Luverne) et Hawley révèle qu’il aura un rôle important ! On devrait apprendre également comment Lou s’est retrouvé veuf et, à ce sujet, Hawley ne cache pas son excitation devant la possibilité de nous faire découvrir qui était Betsy ! Enfin, dernière personnage redondant avec la saison 1, le lieutenant Ben Schmidt (le chef pas très futé de Gus au sein de la police de Fargo) devrait intervenir dans le récit.

“That time period was really interesting in American history,Post-Vietnam, post-Watergate, just before Ronald Reagan became President. It was… the best of America versus the worst of America—the sort of violence and brutality of it.” Noah Hawley

Le choix du passé de Lou m’a paru celui de la facilité dans un premier temps ! Je trouve que le concept de l’anthologie saisonnnière est fort. Je ne saurai vous dire combien j’attends avec impatience la saison 2 de True Detective à cet égard.
C’est pourquoi j’ai ressenti un poil de déception en apprenant que l’on s’intéresserait au Lou trentenaire. Toutefois, et malgré ce lien de personnage, il faudra que Noah Hawley est sa writer’s room créent de toute pièce une autre intrigue parfaitement distincte. Il faudra rester dans l’esprit des Coen tout en se détachant un minimum de ce qui a été fait en saison 1. Ma micro-déception sera bien vite oubliée !

Au delà de l’hiver !
Pour la saison 1, Hawley annonce avoir pioché dans Fargo bien sûr mais aussi dans No Country for Old Man et A Serious Man parmi la filmographie des frères Coen. En saison 2, il y aura bien évidemment encore du Fargo auquel devrait s’ajouter des clins d’oeil à Miller’s Crossing et The Man who wasn’t there !

Il faudra toutefois se montrer patient. L’année dernière, la production avait démarré en novembre mais elle ne devrait pas commencer avant janvier cette année. Cela aura deux conséquences notables. La série ne devrait pas être de retour avant la rentrée 2015 et le tournage s’étalera sur le printemps, un changement de saison qui semble être au goût d’Hawley !

Liste de mes récap’ d’épisodes :
s01e01 : The Crocodile Dilemma
s01e02 : The Rooster Prince
s01e03 : A Muddy Road
s01e04 : Eating the Blame
s01e05 : The Six Ungraspables
s01e06 : Buridan’s Ass
s01e07 : Who shaves the Barber?
s01e08 : The Heap
s01e09 : A Fox, A Rabbit and a Cabbage
s01e10 : Morton’s Fork

Visuels : Fargo / FX

The Honourable Woman s01e01 “the empty chair”

(BBC Two / SundanceTV) minisérie en huit parties -
The Honourable Woman

Le proche orient est au coeur de l’actualité ces jours-ci. L’exemple de Tyrant* — diffusée actuellement sur FX — démontre combien il est compliqué d’en faire un décor de série, du moins pour les occidentaux.
C’est pourtant le sujet de The Honourable Woman, une minisérie du duo BBC/SundanceTV en huit parties qui confirme avec force tout le talent de son créateur, l’anglais Hugo Blick (The Shadow Line).

Avant de vous présenter la série plus en détails, je vous propose d’écouter la voix de Thom Yorke :

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C’est le compositeur anglais Martin Phipps qui se charge de la bande son originale et le résultat est d’ores et déjà sublime. Quelque part au milieu de l’épisode, il y a également ce “How to desappear completely” des Radiohead que l’on écoute presque en intégralité. Durant l’une de ces mises en parallèles inspirées entre les deux personnages principaux, la mélodie très progressive du morceau prend possession de la scène et accompagne idéalement sa teneur très mélancolique.

On ne présente plus vraiment Radiohead. Ce titre fait partie de Kid A, leur quatrième opus publié en 2000. OK Computer, leur précédent disque propulse le groupe vers la notoriété dès 1997. Pourtant le groupe vit mal ce succès et envisage même la dissolution.
Thom Yorke et ses compère trouvent finalement l’inspiration en redoublant leurs expérimentations. Kid A est un disque hétéroclite, presque une bande originale de film qui évolue entre calme et envolées. Pendant sa conception, les membres du groupe on lu le No Logo de Naomi Klein et entreprennent alors une démarche pleinement indépendante qui constitue une composante principale de leur ADN actuel. Rétrospectivement, il ne fait plus aucun doute que ce disque fait office de pivot dans leur carrière.

Une succession pas simple à assumer
L’an passé, SundanceTV et la BBC — en compagnie de UKTV, une filiale de la BBC basée en Australie et en Nouvelle Zélande — nous avait proposé Top of the Lake. Cette minisérie de Jane Campion avec Elisabeth Moss (Mad Men) et diffusée en novembre dernier sur Arte était un petit bijou !
Cette année, le duo de diffuseurs remet ça pour une production plus ancrée côté anglais mais toujours centrée sur une actrice américaine, en l’occurrence Maggie Gyllenhaal. Sur le papier, le défi est de taille pour l’actrice. Elle doit assumer la comparaison avec Moss. Si elle a déjà officié pour le petit écran, c’est sa première tentative sur un format long. Et puis, c’est un écueil toujours redouté, il lui fallait être performante avec un accent anglais !
Il est sans doute encore trop tôt pour se prononcer — j’écris ces lignes après n’avoir vu que le premier épisode — mais son interprétation d’une femme de pouvoir résolue ne laisse pas indifférent. En ce qui concerne la maîtrise de l’accent, je ne suis pas un expert mais la presse anglaise est enthousiaste, c’est dire si la performance est notable.

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De quoi s’agit-il ?
La série débute par une scène d’enfance alors qu’une jeune fille est témoin, en compagnie de son frère, de l’assassinat de son père, rattrapé par son activité de marchand d’armes. De nos jours et désormais à la tête de la société familiale, Nessa Stein (Gyllenhaal) vient tout juste d’être anoblie.
Lors d’un discours, elle insiste sur la vocation philanthropique de sa fondation et annonce sa préférence pour un sous-traitant palestinien. Mais le représentant en question vient de se pendre et le thriller peut commencer…

“I have a lifelong interest in the region, it is a cauldron of human identity, and it’s this turbulence reflected in the character of Nessa Stein that I wanted to explore. [...] Drama and entertainment in general should never shy away from difficult subjects, emotionally charged issues or complex themes.” Hugo Blick (source : BBC)

Paradoxalement, le sujet renforce la série. Il n’est pas question ici d’établir une prise de position dans le conflit. Stein est une binationale (Anglo-Israëlienne) qui fait des choix sûrs et difficiles dans le but de faciliter une éventuelle réconciliation.
Lorsqu’on l’interpelle sur son personnage principal qui représente fatalement Israël. Blick souligne la présence de la talentueuse Lubna Azabal (Paradise Now) pour témoigner de l’équilibre de son récit.

La Taupe
Blick m’avait subjugué avec The Shadow Line (diffusée en 2011 sur la BBC). The Honourable Woman emprunte la même structure du thriller à plusieurs entrées. Mais la minisérie tend également vers la tradition bien anglaise du récit d’espionnage chère à John Le Carré.
Autre similitude avec sa précédente minisérie, on assiste dans ce premier épisode à une course poursuite à pieds échevelée. La scène fait écho à une cavalcade folle assez proche — quoique bien plus longue — dans The Shadow Line. Le procédé et sa facture résolument low-tech évoque les films de conspiration des années 70.

Dans cet univers, c’est un réel plaisir de retrouver Stephen Rea (Sir Hugh) ! L’irlandais déjà présent dans The Shadow Line s’est également distingué l’année dernière dans l’Ovni Utopia.
Rea se glisse ici dans les habits sombres d’un agent des renseignements poussé vers la retraite. Bien peu d’acteurs sont capable d’un tel flegme d’éternel chien battu aussi délicieux ! Comme évoqué plus haut, son parcours est mis en parallèle avec celui de Stein. Ce qui fait de lui un personnage à surveiller.

Sans trop en dévoiler dans le cas où vous n’auriez pas vu l’épisode, une scène assez dramatique propulse Nessa dans les territoires occupés. Ce qui semble être un flash-forward ajoute au mystère de la série mais lui confère une dimension internationale bienvenue. Il va falloir compter avec The Honourable Woman cet été !

Visuels : The Honourable Woman / BBC Two / SundanceTV
Musique : Radiohead “how to desappear completely” (2000 Parlophone Rec.)

*: Je reviens sur Tyrant prochainement. La série est très décevante, je ne vous le cache pas, et je préfère laisser passer quelques épisodes avant de me prononcer…

Vikings s02e10 "the lord’s prayer"

(History) 2 saisons déjà diffusées et saison 3 commandée -
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Vikings est un gros succès pour History ! La chaîne spécialisée en programmes à vocation historique trouve ainsi une tête de gondole valorisante à même de faire oublier — tout du moins en partie — ses fréquentes incursions sur les terrains glissants du docu-fiction et de la télé-réalité qui auront longtemps attisé le courroux des amateurs d’histoire justement.
Sans atteindre les audiences de la première saison — qui bénéficiait de la proximité avec une minisérie événement sur la Bible —, Vikings s’est à nouveau offert le scalp de la concurrence sur le câble basique ! Comme vous allez pouvoir le lire, mon bilan est nuancé mais ne vous y trompez pas, Vikings apporte indéniablement un vent de fraîcheur sur le drama costumé.

Vous ne connaissez encore rien des aventures de Ragnar Lothbrok ?! Dirigez vous plutôt vers la lecture de ma présentation de la série. Dans le cas où vous auriez déjà voyagé en drakkar avec Ragnar, vous serez peut être intéressé par mon avis sur la saison 1.

Et puis, je tiens également à vous prévenir que je vais sans doute lâcher quelques révélations dans ce texte. Passez votre chemin si vous n’avez pas encore vu les épisodes.

Travis Fimmel, ce barbare sagace !
Fimmel confirme tout ce qu’il avait laissé entrevoir en saison 1. Voilà une fantastique trouvaille que cet acteur d’origine australienne, longtemps accaparé par les podiums des défilés de mode puis entrevu lors d’une courte saison aux côtés de Patrick Swayze dans le copshow The Beast (en 2009 sur A&E).
Non content d’avoir un physique adapté à la nature du personnage — souligné par des attributs capillaires qui valent tous les costumes —, Fimmel se révèle être un formidable acteur, tout en nuances et capable d’une palette d’émotion peu commune sur le simple jeu des muscles de son faciès ! Difficile de résister à son spécial, le combo sourire ironique/plissage des yeux sur lequel il s’appuie pour asseoir la supériorité de son personnage.
Pour un peu, on souhaiterait presque la fin de la série, qu’il rebondisse sous les traits d’un autre personnage aussi charismatique qu’abîmé afin d’évaluer plus précisément tout le talent de l’acteur. Car nul doute que sa côte est désormais au plus haut !

Mais il n’est pas seul ! Souvenez-vous, l’an passé, le trop rare Gabriel Byrne brillait dans le rôle de l’Earl méfiant et sournois. Donal Logue (Horik) lui succède dans une position bien trop similaire pour éviter la répétition. J’aime beaucoup Logue mais son personnage constitue la première grosse faute de goût de la série. Dans une série qui n’est jamais aussi bonne que lorsqu’elle étale les jeux politiques de ces gouvernants, la prévisibilité d’Horik aura plombé une saison 2 pourtant riche d’un beau programme.
On lui préférera l’indécis Athelstan (George Blagden), sorte de moine caméléon et éternel conseiller qu’il se trouve côté vikings ou anglo-saxons. Son point de vue en décalage permet de remettre en question chaque belligérant de manière régulière et significative.

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Une part féminine renforcée
On pouvait craindre une perte de représentation avec le départ de Lagertha (Katheryn Winnick) et pourtant, il n’en aura rien été, les personnages féminins de la série sont riches et désormais plus simplement cantonnés à la seule Kattegat.
On peut donc se réjouir de ne pas avoir perdu Lagertha dans son exil compliqué qui la mènera vers une émancipation aussi inattendue que libératrice. Son double côté obscur, Siggy (Jessalyn Gilsig), poursuit un chemin chaotique et intriguant. Coté saxons, l’extravertie princesse de Mercia (Amy bailey) fait une entrée fracassante. Même la très fade Aslaug (Alyssa Sutherland) parvient à exister face à Ragnar.
Au delà de la trajectoire de Lagertha qui peut prétendre à partir au combat, on est agréablement surpris par cet apport féminin non négligée dans une série qui fait la part belle aux hordes barbares de Scandinavie.

Odin au bout du fil
Cette saison 2 part dans tous les sens. Outre le saut temporel en début de deuxième épisode, les raids désorganisent la structure du récit qui perd en authenticité. Si on prend le temps d’évoquer les trouvailles culturelles d’Athelstan sous les ordres d’Ecbert, tout le volet civilisation côté Vikings — le mode de vie et les techniques qui étaient passionnant l’an passé — disparaît et laisse la place au vaudeville entre les deux femmes de Ragnar.
Il faut être honnête, la série, quelles que soient les libertés dont elle dispose, est tout de même esclave d’une chronologie historique qu’elle doit respecter. Certains aspects sont bien amenés comme le changement d’acteurs pour Bjorn, le fils de Ragnar. D’autres perdent de leur valeur comme les changements de chemises de Jarl Borg.
Plus embêtant, le dénouement se voit venir comme un éléphant dans un couloir ! On ne croit pas une seconde au soudain rapprochement entre Horik et Floki et le destin inéluctable du premier s’avère parfaitement téléphoné.

Malgré cela, je ne vois pas comment nous pourrions ignorer la saison suivante. La bande à Ragnar devrait, semble-t-il,  aller dévaster Paris cette fois-ci et la série possède désormais bien trop de personnages qui nous sont chers pour qu’on l’abandonne lâchement sur le champ de bataille !

Visuels : Vikings / History

Halt and Catch Fire s01e05: “adventure”

(AMC) 5 épisodes diffusés sur 10 prévus -
H&CF

A mi-saison, j’ai beaucoup de mal à ressentir de l’émotion pour Halt and Catch Fire. Par contre je n’ai aucune réserve en ce qui concerne sa bande son ! On parle ici d’un véritable travail d’orfèvre et cet épisode le démontre avec force. Voici pourquoi dans cette chronique musicale !

L’épisode s’ouvre avec en compagnie de Cameron et Joe. La musique donne le ton pour un des plus beau crescendo de l’année. En avant pour le Big Black Delta :

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J’avais déjà eu l’occasion de citer la série dans cette chronique musicale (à l’occasion du pilote pour être précis). Pour rappel, c’est Thomas Golubić qui se charge de la supervision musicale d’H&CF. Le pedigree du bonhomme est déjà chargé avec des séries comme Six Feet Under et Breaking Bad pour n’en citer que deux.
Mais il se surpasse ici en proposant plusieurs univers musicaux, dont essentiellement trois qui correspondent aux trois personnages principaux. McMillan est associé au Glam rock et à l’électro (Kraftwerk), Howe est logiquement accompagnée par du punk et Clark se voit affublé d’une ambiance plus folk et psychédélique.
Au delà de sa sélection pointue, Golubić ne s’enferme pas dans les carcans d’une époque et n’hésite pas à inclure des titres plus contemporains qui font pourtant parfaitement sens avec la série. La preuve en l’occurence avec Big Black Delta.

Avant d’évoluer en solo sous le nom de BBD, Jonathan Bates avait monté un groupe de rock low-fi du nom de Mellowdrone, lequel fût actif pendant une décade jusqu’à 2009.
Après des débuts très imprégnés par Depeche Mode, Bates mène le Big Black Delta sur mouvance tech-pop plus dans l’ère du temps. Ce morceau garde pourtant une facture intemporelle, notamment grâce au chant décomplexé de Bates, caractéristique assez rare chez les musiciens qui opèrent sur ce registre.

Le team SuperMusicVision de Golubić publie pour l’occasion cinq playlists Spotify pour cinq personnages majeurs de la série et vous pouvez les consulter sur leur site officiel.

Visuel : Halt & Catch Fire / AMC
Musique : Big Black Delta “capsize” (2013 Master of Bates Rec.)

 

Dominion s01e01

(Syfy) diffusée depuis le 19 juin -
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Après Hannibal l’an dernier, Fargo vient tout juste de démonter qu’une oeuvre ayant fait ses preuves sur grand écran pouvait rebondir de belle manière au format sériel – vous noterez au passage que ces deux exemples ne sont d’ailleurs pas des remakes purs et durs mais c’est un autre débat –.
Si vous faites partie des ayatollahs du scénario original, rassurez-vous, voici un contre exemple efficace. Vous me direz, Legion, le film dont Dominion est une séquelle, n’est pas un foudre de guerre. On peut donc s’interroger sur la stratégie de Syfy, pourtant capable de productions bien plus sérieuses comme Helix en début d’année.

Mais revenons à Dominion. Dans une ville qui fût un temps appelé Las Vegas, l’ange Michael s’est barricadé avec une frange de la population désormais menacée par une armée de créatures ailées ayant à sa tête l’ange Gabriel. Heureusement, une prophétie existe pour donner un peu d’espoir aux reclus…

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Vous vous souvenez peut être de la minisérie Fallen (ABC) qui faisait déjà la part belle aux anges dans une relecture contemporaine des créatures ailées de la Genèse.
Pour Dominion, ils sont désormais transposés dans le futur et sont en mesure de contaminer les humains afin de les transformer en zombies ultra-actifs….
L’humanité s’est rassemblée dans des villes fortifiées et s’organise via un système de castes. Tout en haut de l’échelle, le pouvoir est partagé entre familles influentes qui exercent la dictature.

Si cette évolution géopolitique est un point de départ séduisant, elle reste trop en retrait pour permettre à Dominion de se distinguer. La menace des anges qui occupe l’essentiel de cet épisode allongé (75 minutes) ne passionne guère et le traitement de ces derniers est si sommaire qu’ils provoquent la chute prématurée de cette série.

Le tournage en Afrique du Sud accompagné d’une réalisation solide étaient pourtant de nature à convaincre. Il y avait aussi la possibilité de retrouver Anthony Head, l’inoubliable Rupert Giles de Buffy. Mais ce casting aura très vite pris la mesure d’une production en manque flagrant d’ambition.

Après Helix, j’espérais toutefois autre chose. C’est une année importante pour Syfy avec encore deux autre titres importants à venir d’ici la fin de l’année. Le space-opera Ascension devrait être diffusé en novembre et il sera suivi par un thriller futuriste intitulé The Expanse.
Mais en même temps, la chaîne s’est offert des audiences mirobolantes avec son téléfilm nanardesque Sharknado et il faut donc fortement relativiser le niveau d’exigence de son public.

Bref, vous passerez votre chemin pour Dominion et irez plutôt voir du côté de Kings, une série NBC trop vite annulée dans laquelle l’acteur australien Christpher Egan — le héros malgré lui ici dans Dominion — était bien meilleur !

Visuels & Vidéo : Dominion / Syfy

The Leftovers (aperçu)

(HBO) saison 1 en 10 épisodes à partir du 29 juin
et sur OCS City à partir du 30 en US+24 -

Un nouveau drama HBO, c’est toujours un peu l’événement. Mais avec The Leftovers, c’est encore un peu plus vrai car elle marque le retour d’un des enfants terribles du genre sériel : Damon Lindelof. Celui dont le parcours sera toujours associé à Lost s’est recyclé dans le cinéma ses dernières années. Il est donc attendu au tournant pour cette adaptation d’un roman de Tom Perrotta sur le petit écran.

Le 14 octobre, 140 millions de personnes disparaissent brutalement de la surface du globe. Trois ans plus tard, personne ne sait ce qu’il advenu de ces deux pourcent de la population mondiale. Au lieu de se focaliser sur les raisons de cette perte massive, The Leftovers s’intéresse dans un premier temps à divers individus habitant le quartier de Mapleton dans la vile de Pendleton (état de New York). Comment parviennent-ils à vivre sans un proche (ou plusieurs) ? Quelles conséquences sociales vont-elles émerger ?

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“The Leftovers is, simply put, the best Twilight Zone episode you never saw.”
C’est en lisant une critique du livre de Tom Perrotta par Stephen King dans le New York Times Book Review que Lindelof s’est intéressé à ce roman. Lorsqu’il s’agit de Distopie, King sait de quoi il parle et en présentant l’oeuvre de Perrotta comme le meilleur épisode de La Quatrième dimension que nous n’aurions pas vu, on comprend que la curiosité du showrunner de Lost soit titillée.
Lorsqu’il quitte Twitter l’année dernière, il le fait justement le 14 octobre en interrompant son message en plein milieu d’une phrase : ”After much thought and deliberation, I’ve decided t”.
Lindelof ne cache pas qu’il ne peut plus faire face aux déçus du final de Lost. Son compère d’alors, Carlton Cuse — qui multiplie les projets télévisés pour sa part — parle de lui comme d’un sensible. On comprend mieux alors son désir de ne pas traiter The Leftovers sous un jour trop fantastique. Il s’arrange pour convaincre l’auteur afin que Perrotta nourrisse la série de forts fondements du réel. il annonce clairement la couleur en précisant que The Leftovers ne fonctionnera pas sur au cliffhanger. Et puis il prend bien soin de prévenir le public en affirmant que l’enjeu est d’abord humain.

Outre Lindelof, on retrouve également Peter Berg derrière ce projet. Berg est bien connu du sériephile pour avoir été à l’origine de Friday Night Lights qui faisait suite à un long métrage qu’il avait lui-même réalisé et co-écrit.
Salué pour sa représentation sincère d’une petite ville du Texas, il semble être une recrue de choix pour diriger cette communauté bouleversée.
Il aura pour lui un casting très varié. Les stars que sont Liv Tyler et Justin Theroux seront très surveillés mais il ne faudra pas non plus négliger les seconds. On remarque notamment la présence des toujous intéressants Christopher Eccleston (The Shadow Line) et Sebastian Arcelus (House of Cards).

Si on fait abstraction des forces en présence, de sérieux doutes subsistent sur le choix d’adapter ce récit. Les séries reposant sur un concept fantastique unique ont été nombreuses dans le sillage de Lost et elles ont souvent lamentablement échoué. On se souvient de FlashForward en particulier sur un registre assez similaire.
Toute la difficulté consiste alors à trouver une vie après le cataclysme initial et c’est sur cet aspect essentiellement que la série sera jugée.

Quoi qu’il en soit, il faut saluer la prise de risque. A l’occasion d’un avis — plus que chafouin — sur The Last Ship cette semaine, je proclamais mon amour pour les récits d’anticipation, quels qu’ils soient, et j’espère que The Leftovers saura nous emporter !

Visuels : The Leftovers / HBO

The Last Ship s01e01 "phase 6"

(TNT) saison 1 en 10 épisodes -
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Si la période estivale délaissée par les networks a souvent été redouté par le sériephile, on ne peut plus vraiment parler de traversée du désert. Un certain nombre de diffuseurs, notamment le câble, profitent de cette fenêtre plus clairsemée pour lancer ses productions. La rentrée devrait être ensuite ignorée ; on se souvient que l’automne précédent ne comportait aucune nouveauté consistante sur les chaînes câblées à l’exception de Masters of Sex.
Le sériephile exigeant pourra donc découvrir et retrouver une bonne partie de ce qui constituera la crème de 2014 avec dans le désordre des titres comme Rectify, The Leftovers, Tyrant, The Knick, Ray Donovan, Outlander, Intruders, Masters of Sex, The Honourable Woman, The Strain et j’en passe.
Parallèlement, l’autre évolution notable de l’été sériel se caractérise par l’émergence de grosses productions. L’année dernière CBS lançait Under the Dome et devrait insister dès juillet avec Extant, toutes deux produites par Steven Spielberg. TNT se joint donc à l’effort avec The Last Ship produite par Michael Bay mais, comme vous pourrez le lire dans la suite, je ne vais pas hésiter à la torpiller sans sommations.

Un navire de guerre de la marine américaine est envoyé au pôle nord. Sa mission est double : parfaire son entraînement sous un blackout total et escorter un duo de scientifiques qui réalise d’étranges prélèvements sur les lieux.
A la fin de la mission, le capitaine reprend contact avec sa hiérarchie pour découvrir que la planète est touchée par une pandémie éclair…

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The Last Ship est une adaptation d’un roman homonyme signé William Brinkley. En 1988, la guerre froide n’est pas tout à fait terminée et Brinkley imagine un monde qui aurait succombé à la guerre nucléaire entre américains et soviétiques.
La version TNT s’éloigne du roman et s’inscrit dans une tendance lourde de la fiction contemporaine : les épidémies et autres risques sanitaires. Lors du dernier festival Séries Mania, nous avions pu découvrir deux séries d’horizons pourtant lointains sur ce sujet (The End of the World en Corée du Sud et Cordon en Belgique). On pense également à Helix, diffusée en début d’année sur Syfy.
Mais The Last Ship évoque aussi un autre drama dans lequel il était question de la marine US. Je pense à Last Resort qui n’avait pas réussi à s’imposer l’année dernière sur ABC.

Je fais partie des amateurs de récit d’anticipation, ils nous disent toujours quelque chose de significatif sur notre époque et je pars du principe qu’il n’y en a jamais assez à découvrir.
A ce titre, le point de départ de The Last Ship est prometteur mais la série ne s’intéresse aucunement aux questions cruciales.
L’épisode commence comme une de ces publicités pour l’armée. On peut y voir de magnifiques séquences de canons déversant moult munitions sous un soleil couchant. La suite est une succession de scènes maladroites et notamment l’une d’entre elles – sans rien révéler, la scène d’explication entre le capitaine et le docteur – qui constitue sûrement ce que j’ai vu de pire à la télé US durant ces dernière années.

Je n’attendais rien d’exceptionnel de la part de cette production estivale à grand spectacle. Mais le jeu pitoyable des acteurs lors des scènes sensibles m’a surpris. A ce niveau là, c’est parfaitement rédhibitoire !

Visuels & Vidéo : The Last Ship / TNT

Fargo s01e10 "Morton’s fork"

(FX) saison 1 (10 épisodes) terminée ! pas de saison 2 annoncée pour l’instant -
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Voilà, cette saison de Fargo est derrière nous ! L’anthologie a ceci de triste qu’elle amène une fin définitive bien trop tôt, surtout si la série est bonne. Et oui, cette saison fût très bonne.
J’ai quelques réserves sur ce final mais il sera aussi question ici de dresser un bilan. Démarrons ce récapitulatif, le souffle court, juste après l’avertissement traditionnel.

Vous trouverez dans les lignes qui suivent, un résumé complet du dixième volet de Fargo ! Loin de moi l’idée de vous gâcher une quelconque surprise. Si vous n’avez pas vu l’épisode, il est donc vivement conseillé de lire ceci après le visionnage.

Lester cherche son souffle ! Nous l’avions laissé dans sa voiture alors qu’il assistait au meurtre de Linda, sa seconde femme. Mais si nous entendons à nouveau ses expirations saccadées, les images, elles, sont différentes. Quelques flash successifs nous montrent des traces dans la neige, un véhicule abandonné et plus loin un trou dans un lac gelé…
Tout cela reste très mystérieux mais pas de doute possible, ce prélude n’a rien à voir avec les précédentes introductions d’épisode pour le moins baroques auxquelles nous étions habitués. Cette fois-ci, nous nous dirigeons bien vers un épilogue dramatique.

Lorne parti, Lester entre à son tour dans son agence, ouvre le coffre et prend son passeport. Va t-il fuir vers Acapulco sans demander son reste ? C’est en substance ce qu’il semble se demander alors qu’il contemple le cadavre de Linda. Et puis, la voix de Lorne lui revient : “Is this what you want?” il faut croire que non puisqu’il replace son passeport dans le coffre et retrouve aussitôt ses nouveaux réflexes de manipulateur en disposant les clés de sa voiture dans la main de la défunte.
Et si vous n’êtes pas convaincu, la suite des agissements de ce Lester machiavélique va pouvoir convaincre les dubitatifs. Il entre dans le restaurant de Lou, commande pour deux en faisant croire qu’il attend sa femme d’une minute à l’autre, puis fait mine d’aller aux toilettes pour emprunter la porte de derrière et rejoindre une cabine téléphonique afin de prévenir la police qu’il a entendu des coups de feu, cela sans révéler son identité bien sûr, avant de rejoindre sa table, son verre de ginger ale et son assiette de grilled cheese incognito.

Lou en profite pour lui annoncer qu’un inconnu le cherchant est passé la veille — la fameuse discussion entre Lorne et Lou au milieu de l’épisode précédent — et Lou d’ajouter qu’il ne sentait pas trop l’olibrius : "Can’t say I much like his demeanor".
Lester feint d’être surpris mais il n’a aucun doute sur la personne et puis il a d’autres chats à fouetter dans l’immédiat. L’instant d’après, il se souvient justement avoir laissé les billets d’avion dans sa doudoune orange mais il est trop tard pour retourner à l’agence, toutes les forces de police de Bemidji convergent déjà vers les lieux.

"Someone killed the second Mrs. Nygaard!" – Molly
C’est notamment le cas de Molly qui retrouve Bill à l’agence Nygaard. Bill ne peut toujours pas s’approcher trop près d’un cadavre et Molly, avec sa perspicacité habituelle, remarque que c’est dans la veste orange de Lester que Linda a été tuée.
Lester déboule ensuite, avec un comportement ravagé de façade. Le duo Molly/Bill ne se laisse toutefois pas impressionner et travaille Lester sans transitions. Molly lui demande s’il n’y aurait pas un lien avec l’ascenseur de Las Vegas, Bill lui demande pourquoi Linda porte sa doudoune. Lester continue son numéro de pseudo-innocent et le duo décide de l’amener au poste. Lester tente bien une dernière approche de sa seconde femme pour tenter de récupérer les billets d’avion mais Molly intervient.

Pendant ce temps là, quelque part dans une cabane, Lorne ne perd pas une miette de tout cela grâce à son scanner des fréquences de la police locale. Il apprend notamment qu’un duo de fédéraux est sur place en provenance de Fargo.
Il s’agit bien sûr de Budge et Pepper qui retrouvent Molly et Bill au commissariat de Bemidji. Lou y retrouve aussi Molly. Son passé dans la police lui permet d’indiquer rapidement les détails qui comptent à sa fille. Oui, Lester était au restaurant un peu plus tôt et oui, l’étrange olibrius qui lui a rendu visite la veille pourrait être Malvo !
En salle d’interrogatoire, Lester niera à nouveau et éludera dès qu’il s’agit d’un certain Lorne. Ce même Lorne justement, est occupé à visiter la voiture de Budge et Pepper. Il en esxtrait un carnet qui lui sera bien utile plus tard.

“I won’t leave the building until they call and tell me he’s surrounded” – Molly
“No, until he’s dead” – Gus
Le lendemain, Gus trouve Lou sur le pas de sa porte, assis avec son fusil sur les genoux ! Lou lui explique avec fermeté qu’il a l’intention de protéger Greta et c’est un Gus très inquiet qui s’en va retrouver sa femme.
Sa femme se trouve être en train de brieffer ses collègues afin qu’ils quadrillent la ville et tentent de mettre la main sur Lorne. Elle explique ensuite à son mari par téléphone que Lester va pouvoir retourner chez lui afin de servir d’appât ! Gus lui fait promettre de rester au poste pendant les opérations. Mais au lieu de s’intéresser à Lester, Molly devrait plutôt surveiller les déplacements de son mari. Gus a le chic pour débusquer Lorne sans le vouloir et c’est exactement ce qui va se passer.
Alors qu’il est au volant, le facteur doit s’arrêter devant un obstacle. Un loup lui fait face en plein milieu de la route. Bien qu’il soit du genre cartésien, Gus s’aperçoit tout de même assez vite de la portée métaphorique de l’événement et remarque la Bmw rouge garée devant une cabane juste à côté. Il décide alors de contourner la forêt en voiture et s’approche de la planque à pieds. C’est effectivement Lorne qui en sort et Gus entre dans les lieux une fois que le tueur s’est en allé.

Lorne se gare devant le poste de police de Bemidji. Il passe un coup de fil à l’accueil et se fait passer pour le FBI afin d’apprendre le nom du duo d’agents sur place. Il se sert ensuite du fameux carnet qu’il a subtilisé afin d’annuler l’appel de renforts émis au préalable par Budge et Pepper. Bref du beau boulot de la part de Lorne. Il s’en va ensuite trouver une voiture ressemblant étrangement à celle des fédéraux chez un concessionnaire d’occasion. Il parvient même à convaincre le vendeur de faire un petit tour avec…
Au poste, Bill se confesse à Molly. Il ne se sent plus capable d’affronter toutes ces horreurs et il aimerait que Molly reprenne le flambeau. Si l’heure n’était pas aussi grave, ce serait une sacrée belle victoire pour l’adjointe.

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Lester est ensuite confronté à deux anecdotes qui s’avèrent diablement révélatrices par contraste. Alors que Molly lui annonce qu’il est libre, il tente de faire croire à l’adjointe qu’il n’est pas celui qu’elle croit. Molly lui raconte alors l’histoire d’un homme qui perd un gant sur le quai d’une gare et s’en aperçoit alors que le train s’en va. L’homme décide alors d’abandonner l’unique gant en sa possession par la fenêtre, dénouement qui plonge Lester dans l’incompréhension.
Alors qu’il est escorté jusque chez lui, Budge lui raconte ensuite dans la voiture l’histoire du renard, du lapin et de la salade — l’énigme de logique qui donnait son titre à l’épisode précédent — mais Lester trouve la solution aisément.
Cette énigme démontre toute l’intelligence du vendeur d’assurance. Son incapacité à comprendre le geste de l’homme sans gants est elle aussi révélatrice. A aucun moment, Lester ne se séparerait du seul gant en sa possession. Il lui serait impossible de renoncer à ce dernier en imaginant ainsi peut être faire le bonheur d’un inconnu qui pourrait trouver les deux gants sur le quai.

Pendant ce temps là, Budge et Pepper n’ont pas remarqué la voiture qui les filaient discrètement jusque chez Lester. Une fois chez lui, ce dernier file à la cave pour fouiller dans les affaires de chasse de son frère et s’armer. C’est dire la confiance qu’il porte au duo de fédéraux.Pendant ce temps là, Greta et Lou attendent devant la maison, tout deux fusils sur les genoux. Pendant ce temps là, Molly s’impatiente en constatant qu’il n’y a pas de trace de Lorne et décide d’aller chez Lester. Pendant ce temps là, chez ce même Lester, une voiture fait son apparition devant Budge et Pepper qui étaient resté sur place en surveillance. Décidément pas très futés, les deux agents du FBI s’approchent du véhicule et se font tirer comme des lapins par un Lorne dissimulé dans la forêt.

Lester semble perdre les pédales : il déballe des affaires et les éparpillent un peu partout dans sa chambre. L’inquiétude le gagne alors qu’il remarque l’absence du duo de fédéraux. Lorne s’introduit chez lui et n’a plus qu’a suivre le son de sa voix pour le retrouver. Un Lester paniqué tente de prévenir la police, avouant même que sa salle de bain ne possède pas de verrou. On est alors persuadé que Lorne va n’en faire qu’une bouchée mais, coup de théâtre, Lester avait dissimulé un piège à loup dans le désordre de ses vêtements et Lorne s’est pris la jambe dedans. Lester déboule alors, pistolet en main, pour en finir avec le tueur mais le flingue de son frère s’enraye. Lorne réplique avant de s’enfuir blessé. Lester peut alors arborer le sourire satisfait de l’élève qui a dépassé le maître !

Lorne a rejoint sa cabane. Très organisé, il commence à se soigner avec une trousse bien fournie en seringues et autres atèles. Une fois sa jambe rafistolée, Lorne aperçoit un loup par la fenêtre. L’amateur de prédateur ne peut que s’incliner devant le symbole alors qu’il entend les pas d’un Gus qui attendait son heure pour surprendre le tueur. Grimly lui annonce avoir compris sa question sur les nuances de vert — celle qu’il lui avait posée lors de l’épisode 4 — et l’abat sans hésiter.
Molly rejoint ensuite son mari et découvre la fameuse valise aux cassettes du tueur. Elle s’empresse alors d’écouter celle qui est sobrement intitulée “Lester Nygaard” et y entend la confession de ce dernier lorsqu’il venait de refaire le portrait de Pearl au marteau.

l’écran nous annonce ensuite un saut temporel de deux semaines. Nous nous trouvons au Glacier National Park dans le Montana et l’on reconnaît le décor parsemé de montagnes enneigées, — qui font défaut au Minnesota — celles que nous découvrions en début d’épisode. Lester s’y baladent en motoneige mais cette sortie n’a rien d’une promenade de santé. Il est très vite pourchassé par les forces de l’ordre. Sa folle cavalcade se poursuit à pieds. Il prend le risque de s’enfuir sur un lac gelé et finit avalé par les eaux glaciales.

L’épisode se termine avec Greta, Molly et Gus dans le calme de leur domicile. Molly vient d’apprendre la nouvelle pour Lester. Gus lui annonce qu’il va être distingué pour son fait d’arme à l’encontre de Lorne. Il ne semble pas vouloir de cet honneur mais Molly est fière de lui ! La scène est accompagnée par la musique originale du film des Coen :

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C’est un bel hommage au compositeur de la bande son du film, Carter Burwell, bien que je trouve le travail effectué par Jeff Russo parfaitement au niveau de son prédécesseur.

“I am not the person you think I am — this monster.” – Lester
Le parcours de Lester aura été en tout point fascinant ! Alors qu’il s’apprête à quitter la salle d’interrogatoire, il tente de convaincre Molly qu’il n’est pas un monstre. Le bonhomme a pourtant glissé un calibre dans le sac à dos de son neveu et envoyé sa seconde femme à l’abattoir, sans parler de la première.
Lester s’est tellement approprié la philosophie de Lorne qu’il en a basculé dans l’excès inverse, n’obéissant plus qu’à ses propres règles. Dans cette nouvelle vie, il fait ses propres choix en étant intimement convaincu qu’il est dorénavant de son droit de fixer les limites.
Mais plus étonnant encore est son désir de confronter son “mentor” ! A plusieurs reprises, Lester a l’occasion de tourner le dos et d’éviter Lorne. Pourtant, et cela démontre bien à quel point Lester s’est engagé entièrement sur cette nouvelle voie, il choisit de se mesurer au tueur. C’est un peu comme si Lorne était le point de repère à atteindre qui lui permettra de valider son nouveau mode de vie. Il y parvient en partie, du moins il fait jeu égal et c’est déjà une victoire.

Mais ce final m’a paru en deçà de mes attentes. Il conserve ce mécanisme implacable qui gouverne toute la série sans pour autant contenir la tension entrevue lors de l’épisode précédent (l’ascenseur, la discussion entre Lorne et Lou). En fait, ce dixième volet fonctionne essentiellement sur le registre de l’évitement. Lester échappe à tout le monde, jusqu’au bout, et surtout, Molly ne se mesure pas à Lorne.
Quand on prend un peu de recul, il apparaît effectivement que tout se tient mais j’ai le sentiment que Noah Hawley et ses scénaristes n’ont pas forcément maîtrisé leur récit. Le personnage de Lou est fantastique, j’adore le travail de Keith Karradine et son dévouement familial est tout simplement touchant. Pourtant, son baroud d’honneur consistant à monter la garde avec sa petite-fille est finalement assez vain ! Par contre on peut s’interroger sur l’absence d’Ida dans ce final alors qu’elle constitue la principale source de motivation de Molly.
Ces éléments me conduisent à penser qu’Hawley et son équipe ont parfois fonctionné en oubliant la structure de l’anthologie, en oubliant que le récit devait se clôturer.

Si l’on avait une certitude avant de découvrir Fargo, c’était quand à la force de son casting. J’ai eu l’occasion de dire beaucoup de bien d’Allison Tolman (à l’occasion du troisième épisode) qui se hissait déjà au niveau d’un duo tout à fait exceptionnel pour le petit écran.
Billy Bob Thornton est parfait en tout point dans une performance multiple qui le voit se métamorphoser tel un caméléon en fonction des environnements et de l’époque. Il sublime un personnage qui véhicule une agressivité diffuse et cette performance n’était sûrement à la portée de n’importe quel acteur.
Enfin, on attendait de belles choses aussi de l’anglais Martin Freeman mais je crois que tout le monde aura été estomaqué, que l’on parle des habitués de l’acteur, des défenseurs de William H. Macy — qui tient le rôle équivalent dans le film — ou bien des autres téléspectateurs plus neutres. Il paraît désormais évident que Noah Hawley a joué sur l’image d’un acteur ayant jusqu’ici brillé dans des rôles de personnage sympathique et bienveillant. Sans transformation physique pour sa part, Freeman propulse son personnage vers un changement de caractère radical. Sa prestation est aussi subtile que magnifique : du grand art !

Pour avoir suivi Fargo de près tout au long de ces dix épisodes, je crois que la série s’est montrée séduisante surtout pour la liberté qui émanait de son récit ! C’est assez paradoxal quand on y réfléchit car nous parlons là d’une série dont tout l’univers fait référence à une oeuvre existante.
S’immerger dans Fargo, c’est s’apercevoir que la production actuelle fonctionne trop souvent en circuit fermé. Chaque élément nouveau doit avoir une signification et doit sa présence uniquement parce qu’il est un rouage dans un édifice d’ensemble. Dans Fargo, il y deux catégories d’éléments souvent très éloignés avec le récit principal : les anecdotes (citons l’exemple du philanthrope conté par le voisin de Gus) et les voies sans issues (citons ici le réfugié soudanais de Bill).
Les deux procédés relèvent certainement d’une origine Coenesque (l’histoire de Mike Yanagita dans le film) mais ils ont illuminé la série, lui apportant du contre-pied et, plus généralement, de nombreuses interrogations sur leur signification. Malgré quelques anicroches dans le final (dont je parlais un peu plus haut), leur fréquence font de Fargo une oeuvre à part !

Enfin, je crois que ces dix épisodes se distinguent pour une certaine réhabilitation des gentils ! Les séries dramatiques sont actuellement obnubilés par ces héros imparfaits. Fargo parvient à nouveau à nous faire aimer le parcours et le combat des bons. Le personnage de Molly est fantastique et restera dans les mémoires.

Mais aurons nous droit à un retour au Minnesota ? Tout laisse à penser que oui. Néanmoins, dans les nombreuses interview qu’il a accordé dans la foulée du final, Noah Hawley n’a pas caché qu’il avait bouclé les derniers épisodes parfois quelques jours seulement avant leur diffusion. La suite est donc loin d’être sur les rails.

 

Quelques Théories :

  • La saison étant terminé, cette rubrique va donc s’intéresser aux voies possibles dans une éventuelle saison 2 (non confirmée lorsque j’écris ces lignes). Je rappelle que Noah Hawley a clamé de nombreuses fois que si suite il y avait, ce serait sur le mode de l’anthologie. Des nouveaux personnages, une nouvelle histoire et un nouveau cast, bien que ce dernier point soit sujet à débat semble-t-il !
  • Dans une interview pour Entertainment Weekly, Noah Hawley défend le principe de l’anthologie ainsi : si les personnages de cette première saison devaient revenir, le caractère absurde des événements ne serait plus aussi exceptionnel. Molly et Gus devraient alors s’enlaidir pour combattre le mal et Fargo ne serait plus la même.
    On ne peut contredire cela. Toutefois, j’imagine bien une continuité par le biais d’apparitions de certains personnages. Cette saison s’appuyait sur de nombreuses références à l’univiers des Coen et je ne vois pas comment la série pourrait ne pas se nourrir de sa propre mythologie.
  • L’une des éventualités consisterait pour Fargo à se calquer sur un autre film des frères Coen. Cela pourrait être No Country For Old Men par exemple. Toutefois, la transposition dans l’univers du Minnesota ne serait pas aussi évidente que cela.
  • La théorie la plus probable consisterait à reprendre l’affaire de Sioux Falls dont Lou fait mention à plusieurs reprises. Il s’agirait alors de s’intéresser au père de Molly durant ses années dans les forces de l’ordre.

 

Théories définitivement abandonnées :

  • Stavros (Oliver Platt) n’aura donc pas refait surface. Dans cette interview pour Vulture, Hawley révèle qu’une scène avait été tournée pour l’épisode 7. Gus, sur la trace de la voiture dans laquelle Lorne avait été vu par son voisin, rend visite à un Stavros dépité, jetant son autobiographie dans la cheminée. Hawley promet que la scène sera présente en bonus dans le dvd de la saison.
  • J’ai exprimé ici à plusieurs reprises ma conviction concernant la valise à nouveau enterrée qui finirait pas refaire surface. Il n’en aura rien été, fossoyant ainsi, d’une manière générale ma crédibilité de bon déducteur !
    La valise va-t-elle surgir à nouveau dans une éventuelle saison 2 ? Voici la réponse d’Hawley : “That wasn’t really my plan but I leave it up to any other show now to find it. I think they should find it on Hannibal.”

 

Autres observations :

  • Tout se passe à Bemidji dans cet épisode et j’ai longtemps cru que je n’aurais pas l’occasion de vous proposer un dernier point Google Maps pour cette saison. Heureusement, Lester, mon sauveur, s’est enfui au Montana (Ouf !). Comme indiqué, la scène finale se déroule dans le Parc national de Glacier dans le nord de l’état en question. Pour vous donner un ordre d’idée, Maps annonce un trajet en voiture de plus de 15h au départ de Bemidji. A noter également la proximité avec le Canada. Le parc national est accolé à la frontière et se trouve à 3h de route de Calgary (Alberta) autour de laquelle s’est déroulé le tournage.
  • Le titre de l’épisode est à nouveau un paradoxe. Morton’s Fork consiste en une proposition de voies différents ou contradictoires conduisant au même résultat déplaisant. On pense également à la proximité avec Barton Fink, l’un des plus beaux films des Coen avec John Turturro.
  • Avant que le vendeur de voitures ne croise Malvo pour le destin tragique que l’on sait — bien qu’on le devine surtout vu que ce n’est pas montré — on l’aura entraperçu brièvement à deux reprises. Dans le même épisode, ce même vendeur se trouve dans le restaurant de Lou quand Lester vient y trouver refuge. Et puis surtout c’est à ce même homme, alors accompagné de sa femme, que Lester tente de vendre une assurance au tout début de la série. Il y a là une ironie assez sombre que de voir qu’il succombe en définitive.

 

Voilà, c’est ici que se termine ces dix récapitulatifs de Fargo ! L’exercice fût intense et exigeant mais il m’a permit de me dépasser, de me renouveler aussi. Je ne suis pas entièrement satisfait et la pratique sera nécessaire pour parfaire un style plus adapté. J’espère que vous y aurez trouvé quelques lectures intéressantes. Quoi qu’il en soit, vos commentaires sont les bienvenus ;o)

 

Liste de mes récap’ d’épisodes :
s01e01 : The Crocodile Dilemma
s01e02 : The Rooster Prince
s01e03 : A Muddy Road
s01e04 : Eating the Blame
s01e05 : The Six Ungraspables
s01e06 : Buridan’s Ass
s01e07 : Who shaves the Barber?
s01e08 : The Heap
s01e09 : A Fox, A Rabbit and a Cabbage

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Visuels : Fargo / FX
Musique : Fargo Soundtrack / Carter Burwell (1996)